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Comment mettre du vivant dans nos assiettes ? Interview avec Véronique Taburiaux

Véronique Taburiaux

Avant de plonger dans cette interview, nous vous présentons Véronique Taburiaux en revenant sur son parcours et son cheminement personnel.

Qui est Véronique Taburiaux ?

Véronique a toujours été passionnée de nutrition et de cuisine. En 2012, elle a amorcé une reconversion à 360° après une carrière dans la communication. Au fil de ses recherches et apprentissages, elle a découvert que nos choix alimentaires avaient un impact sur notre santé mais aussi sur l’environnement, l’économie et le vivant. C’est à la suite de ce constat qu’est né « De la vie dans ma cuisine », des cycles de formations en nutrition, des cours de cuisine, des coachings et des stages à thème. Après avoir initié plusieurs centaines d’élèves à l’Alimentation Vivante, elle a souhaité professionnaliser cette formation en créant la première école d’alimentation vivante et durable en Europe. Aujourd’hui directrice passionnée et engagée de l’École d’Alimentation Vivante et Durable (EAVD), elle nous partage ses constats sur le monde dans lequel nous vivons et nous livre ses astuces pour remettre du sens dans notre assiette.

Nous vous laissons donc en compagnie de Sandrine Malice et Véronique Taburiaux.

S. : Quand as-tu vraiment pris conscience que l’alimentation était primordiale pour ta santé et ton bien-être ? Quel a été le déclic pour toi ?

V. : Il y a eu 3 choses qui se sont mises en même temps. D’abord un petit souci de santé après la naissance de mon premier enfant. J’avais des difficultés à allaiter et j’ai pris, sans en être vraiment consciente, des antibiotiques pendant 8 semaines non-stop. Ce qui a évidemment ravagé ma flore intestinale et enclenché toute une série de dégradations successives. À la même époque, j’ai lu un livre fabuleux « 80 hommes pour changer le monde ». C’est un livre qui met en valeur tous des gens qui ont défié les lois macro-économiques en investissant dans des projets durables. Et enfin, aussi à cette époque, j’ai rencontré Pol Grégoire qui est devenu un véritable mentor pour moi. C’est lui qui m’a permis de rassembler la nutrition, la santé et la durabilité. C’est donc le mélange de ces 3 événements.

S. : Pourrais-tu nous expliquer en quoi consiste réellement une alimentation vivante ?

V. : L’Alimentation Vivante est un concept qui est assez ancien et qui date des années 70. Il a été créé par une doctoresse qui s’appelle Ann Wigmore. C’est un concept extrêmement pointu et exigent. On parle uniquement d’aliments non transformés et le principe est exclusivement végétal. Nous sommes sur des aliments qui sont fermentés, germés. Les graines germées ont effectivement une importance capitale dans l’Alimentation Vivante.

S. : Est-ce une alimentation qui peut s’adapter à chacun d’entre nous ?

V. : Elle a de véritables vertus thérapeutiques. J’aime rappeler que l’homme, à la base, c’est un animal. Et à l’état sauvage, 100% des animaux mangent crus. Seulement, nous avons inventé quelque chose de fabuleux : la cuisine. On est venu mélanger des aliments, on a ajouté des épices, on a chauffé, on a cuit les aliments pour inventer quelque chose de nouveau. Et parfois ces combinaisons alimentaires ont tendance à nous tirer vers le bas, à nous plomber, plutôt que nous apporter de l’énergie. Donc oui, l’Alimentation Vivante a de véritables vertus thérapeutiques, mais pour tous les gens qui ont des systèmes digestifs fatigués, il y aura des choses à réhabiliter de manière progressive. Ça dépend aussi de la saison, de la qualité de la matière première, etc. Ce n’est pas à faire à l’aveuglette, à commencer du jour au lendemain et à pratiquer de manière radicale.

S. : Toi qui a coaché et accompagné beaucoup de personnes dans le changement de leur alimentation pour aller vers l’alimentation vivante, quels sont les bienfaits auxquels les gens peuvent attendre ?

V. : Énormément de choses ! D’abord sur le plan de la santé, on récupère de la vitalité. Pour moi, la vitalité est un magnifique cocktail entre la vie qui reprend et l’énergie qui remonte.

J’aime beaucoup dire aux patients : « faites la liste des petits bobos que vous avez ». On sait qu’on retrouve sa santé quand, au fil du temps, ces petits bobos disparaissent. On sent qu’il y a des petites choses qui se règlent. Le corps a une capacité extraordinaire à se régénérer. Et ce qui est aussi fabuleux dans l’alimentation vivante, ce sont toutes ces graines en dormance qu’on réactive. On voit cette vie qui prend forme. Sur le plan philosophique, cela nous aide à nous centrer, à admirer des petites choses très simples et très naturelles. Il y a un aspect méditatif. 

Véronique Taburiaux

S. : Quelles sont les premières actions que tu proposes de mettre en place pour un changement progressif d’alimentation ? Dans le but de pouvoir tenir sur la durée.

V. : Je parle de plus en plus de burn-out durable. Quand on prend conscience de tout ce qu’on avait l’habitude de mal choisir ou de mal cuisiner sur le plan de la santé et qu’en plus on se rend compte de l’impact que cela a sur l’environnement, on veut faire énormément de choses. Chaque personne qui s’éveille veut tout de suite faire parfait. C’est impossible et intenable. On se met une pression de dingue et pire que ça, on cuisine rarement pour soi, tout seul, 365 jours par an. On évolue aussi dans un certain environnement, donc il faut que ça s’adapte en douceur aux gens avec qui on partage les repas : son milieu familial, au travail etc. C’est important que le changement se fasse en douceur. Je pars toujours du principe que quand les gens apprennent quelque chose, c’est comme s’ils déployaient leur filet. Des idées vont rester dans le filet, c’est que ce sont les bonnes idées pour eux, à ce moment-là. Il y a plein d’autres choses qui passent et ce n’est pas grave. Ils y reviendront plus tard, quand ils auront franchi le premier petit pas. Une fois intégré, on peut alors imaginer en franchir un deuxième et ainsi de suite, petit à petit.

Changer une habitude, ça prend énormément d’énergie car c’est aussi changer son mode de cuisine, changer la façon de faire ses courses. Ça engendre toute une série de choses. Y aller progressivement permet de tenir sur le long terme.

Les habitudes, surtout alimentaires, font partie des habitudes les plus difficiles à changer car ce sont des racines profondes. La nourriture fait référence à tellement de choses : notre passé, nos souvenirs, nos émotions. Ça se transmet de génération en génération. Il y a donc tout un côté affectif qui rentre en ligne de compte.

S. : Tu as toujours un dynamisme et une pêche d’enfer. Qu’est-ce qu’il y a dans cette forme olympique ? As-tu un secret à nous partager ?

V. : C’est la passion ! Depuis toute petite, je portais une admiration pour les gens qui avaient une passion. Je n’avais aucune passion. J’aimais la danse, le sport et plein de choses. Une amie me disait : « ce qui est fabuleux quand on a une passion, c’est qu’on n’est jamais seule ». Ce n’est pas faux. J’ai fait de belles rencontres dont j’ai déjà parlé et tout cela s’est mis en place. Tout d’un coup, ça m’est venu en pleine figure. Aujourd’hui, ma passion me porte et je crois que ce qui me porte le plus, c’est aussi de me rendre compte que je n’aurai pas assez d’une vie pour faire tout ce que j’ai envie de faire. L’objectif que je me suis fixé c’est vivre vieille, heureuse et en bonne santé !

S. : Si quelqu’un a envie de changer petit à petit son alimentation pour tendre vers l’alimentation vivante, que lui conseilles-tu ? Il peut participer à un week-end d’initiation de l’EAVD mais pour commencer déjà chez soi, y a-t-il des petites actions à mettre en place ?

Le plus important est de revenir aux aliments qui n’ont pas subi de transformation. Ouvrez vos frigos, ouvrez vos armoires et regardez ce qui a déjà été transformé. J’aime les aliments bruts, originels. Pol Grégoire dit toujours : « Les aliments tels que la nature les a conçus ». Je pense que c’est déjà la base. L’Alimentation Vivante est exclusivement crue et végétale mais en tant que nutritionniste, je trouve que c’est terriblement restrictif. Je prépare donc des aliments aussi cuits mais alors toujours en hypo-cuisson, comme des cuissons à la vapeur et des cuissons douces. On peut aussi cuire des aliments d’origine animale à basse température (au four à maximum 85°C). Les légumes doivent occuper 60-70% de l’assiette. Allez vers des choses les plus naturelles possibles. Enfin, on peut aussi ajouter un peu d’huile première pression à froid à aromatiser. Les huiles captent les saveurs et s’ajoutent en touche finale avec des herbes aromatiques pour sublimer un plat.

S. : Les huiles sont essentielles et on n’en consomme plus assez. Pourtant, nous en avons besoin pour notre corps et nos cellules.  

V. : Et les bonnes graisses font maigrir, tels que les acides gras mono et polyinsaturés. Ce sont principalement des graisses qui sont d’origine végétale : les huiles d’olive, d’avocat, de noisette, de colza, etc. Mais aussi les omégas 3 et 6 : huile de lin, de chanvre, de cameline, de colza ou de noix. Il ne faut jamais les utiliser sur une préparation trop chaude car ces huiles réagissent très mal à la chaleur. Ce qui est aussi une belle alternative, c’est de manger régulièrement des oléagineux : noix, noisettes, noix de cajou, amandes, etc. La règle en nutrition, c’est de manger varié. La clé est d’acheter en petite quantité et de varier ces aliments régulièrement.

S. : Tu as 3 adolescents à la maison, est-ce qu’ils se nourrissent aussi exclusivement d’Alimentation Vivante ? Est-ce qu’ils ont été d’accord avec le changement d’alimentation ? As-tu des conseils à donner pour opérer ce changement en famille ?

V. : Ma transformation s’est faite progressivement et j’avais déjà mes enfants à ce moment-là. Ils ont donc vécu cela petit à petit avec moi. Il y a une période où mon alimentation était très rigoureuse et dans ces cas-là, ça allait au clash. Très vite, les gens résistent et ça ne marche pas. C’est important de lâcher-prise. Quand un enfant a encore envie de retomber dans des habitudes alimentaires qui ne sont pas optimales, il faut parler, échanger, essayer de les impliquer. Quand on montre aux enfants ou aux jeunes des graines qui germent et qu’on leur explique le processus de la nature, ça les aide à prendre conscience de ce qui se passe. Les impliquer, c’est aussi parfois mettre de la bonne ambiance dans la cuisine plutôt que d’être tout seul à cuisiner. C’est mettre de la musique, instaurer des apéros sains ; c’est le moment où tout le monde converge. On partage, l’un coupe les légumes, l’autre prépare une sauce à base d’huile, un troisième s’occupe de cuire un poisson à la vapeur, etc. 

Soupe de tomates

S. : Quelle est ta recette fétiche ? Voudrais-tu bien nous la partager ?

V. : Bien sûr ! Nous sommes presque en été et à cette saison, ce que j’adore, c’est tout simplement une soupe crue de tomates. Entre 800g et 1kg de tomates bien charnues, lavées et grossièrement coupées. J’y ajoute le jus d’une orange. Du bon sel (marin et complet) selon le goût. Je rajoute un peu de douceur pour casser l’acidité de la tomate avec maximum 3 dattes dénoyautées. Un peu de fleur de sel et une petite gousse d’ail pour le piquant. Je mixe le tout et j’obtiens une magnifique mousseline de tomates crémeuse. Au-dessus, on peut venir avec des herbes aromatiques comme de la coriandre hachée et terminer avec une poignée de graines germées. C’est bien d’ajouter du croquant pour s’obliger à bien mâcher. Ça permet de dire à son corps qu’on mange et non qu’on boit.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’Alimentation Vivante enseignée par Véronique Taburiaux, vous pouvez consulter le site de l’École d’Alimentation Vivante & Durable qui propose une formation certifiante de Conseiller en Alimentation Vivante & Durable étalée sur deux ans.

Merci à Véronique pour sa bonne humeur, son temps et ses précieux conseils !

 

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