Les incroyables vertus du bouillon

Les incroyables vertus du bouillon

Connu depuis la nuit des temps, le bouillon revient à la mode et fait parler de ses nombreux bienfaits. Reminéralisant, régénérant et essentiel à une bonne hygiène digestive, on aborde ses bénéfices et comment le préparer avec Antoinette Godin, fondatrice de « Mon bouillon ».

Comment Antoinette est tombée dans la marmite ?

Antoinette Godin est la fondatrice de « Mon bouillon » et prépare elle-même et avec amour des bouillons d’os ou de légumes majoritairement Bio et issus de circuits courts.

C’est sa grand-mère, également prénommée Antoinette, qui lui a fait découvrir les super pouvoirs des bouillons, qu’elle lui servait notamment lorsqu’elle était malade, agrémentés de petits vermicelles.

Elle a retrouvé le réconfort de ces breuvages lors de sa grossesse et s’est également vu prescrire une cure de bouillon par la nutritionniste Laurence Fischer afin de régler ses problèmes de glycémie et de digestion.

Faire du bouillon demande de la patience et du temps. Antoinette en préparait pour elle et en faisait également profiter son entourage. De plus en plus de gens lui en demandaient et c’est alors que l’idée de créer « Mon bouillon » est née : produire de bons bouillons d’os de manière circulaire et responsable. Du bouillon, bon pour le cœur, bon pour le corps.

Nous vous laissons en compagnie de Sandrine Malice et Antoinette Godart pour en savoir plus sur ce remède miracle.

S : Le bouillon d’os est connu depuis la nuit des temps comme remède naturel, excellent pour la santé. Il était un peu oublié et maintenant, on en reparle de plus de plus.

Nos grands-mères étaient habituées à en préparer régulièrement.

Il existe du bouillon d’os, de poule, de légumes. Mais qu’est ce que le bouillon peut vraiment apporter à notre organisme ?

A : C’est une vaste et longue réponse ! Il y a une liste de bienfaits que vous pouvez d’ailleurs retrouver dans le livre « Le bouillon d’Or » de Laurence Fischer et Céline Toucanne. La raison pour laquelle ça revient à la mode c’est surtout pour les bienfaits qu’il apporte au niveau des intestins, c’est son principal atout. Mais le bouillon aide aussi à régénérer la peau, nourrit les articulations, renforce le système immunitaire, notamment grâce à son action sur les intestins. Il améliore donc la fonction digestive, aide les intestins à se guérir, favorise la perte de poids et permet de maintenir l’équilibre acido-basique. 

Ça redonne donc de l’énergie. Tout cela, c’est au niveau physique. Et puis au niveau psychologique, c’est surtout très réconfortant. C’est très bon pour la santé et en même temps, on peut le cuisiner sous toutes ses formes et avec un tas de choses.

S : Quand on entend toutes les bonnes choses que cela apporte, on a déjà envie d’en consommer !

Le fait que ce soit un aliment complètement naturel, j’imagine que l’organisme va l’assimiler beaucoup plus facilement que quand ce sont des produits de synthèses ou autre.

Quels sont les nutriments que l’on va retrouver dans le bouillon ?

A : Souvent, quand on fait une analyse nutritionnelle d’un bouillon classique, on a l’impression qu’il n’y a pas grand-chose, mais en fait, il y a énormément de nutriments. Il y en a un que je voudrais aborder principalement, car on fait beaucoup de pub et de marketing autour. C’est ce fameux collagène que l’on retrouve dans le bouillon, surtout d’os plus tôt que de légumes.

En effet, le collagène c’est quelque chose de plus animal que végétal. L’être humain synthétise son propre collagène. Mais à partir d’un certain âge, on en a de moins en moins.

Le collagène, on le retrouve dans la gélatine, par exemple. C’est pour cela que quand on voit un bouillon d’os refroidi, c’est un peu gélatineux. Ce collagène va apposer un gel sur l’intestin et resserrer la paroi intestinale. Cela va lui permettre de capter un maximum de nutriment, ce qui est notamment idéal pour les femmes enceintes.

Au niveau nutriments, il y a aussi de la glucosamine. Cela va venir aider au niveau des tissus, du cartilage et des articulations.

Quand on fait un bouillon d’os, on met des os, mais aussi des pattes, là où il y a beaucoup de cartilage. Il y aura transfert de ce cartilage dans l’eau du bouillon, ce qui est fabuleux pour les sportifs et les personnes plus âgées qui ont le cartilage plus fragile.

Il y a aussi des minéraux et des électrolytes, ce qui va permettre une excellente réhydratation. C’est d’ailleurs pour cela que ma grand-mère me faisait du bouillon quand j’étais malade à cause d’un rhume ou d’une gastro. Cela permet de réhydrater énormément une personne en convalescence avec un bon équilibre sodium/potassium. Si on met juste ce qu’il faut comme sel, c’est vraiment magnifique. C’est mieux que des boissons électrolytes qu’on vend en magasin !

Il faut savoir que dans le bouillon, il n’y a pas vraiment de vitamines pures, car ça a mijoté.

Donc c’est vraiment l’aspect reminéralisant qui est important et qui n’est pas facilement trouvable partout. On va pouvoir trouver aussi certaines protéines si c’est à base d’os ou de viande. Et cela va venir renforcer le corps de manière très subtile et adéquate.

S : Comment conseilles-tu de consommer le bouillon ?

A : J’ai toujours pris le bouillon de manière intuitive dans ma vie. Finalement, tout dépend de son état. Quand on est malade, on va faire des cures de quelques jours. Il y en a qui font du jeûne avec du bouillon.

Ce que j’aime beaucoup, c’est boire ma tasse de bouillon le matin. Dans la culture asiatique, ils font cela tout le temps. Moi qui avais des problèmes de glycémie et qui étais un peu accro au sucre, cela m’a permis de régler la glycémie pour ma journée.

Boire une tasse de bouillon le soir, avant le repas, permet de moins manger ou parfois peut même remplacer le souper.

Et puis on peut également le cuisiner et utiliser du bouillon pour préparer un risotto.

S : On peut donc le consommer pure, mais également l’utiliser des recettes de cuisine ?

A : Tout à fait ! D’ailleurs le bouillon, c’est l’ingrédient secret des grands chefs.

Si tu fais cuire le riz d’un risotto dans un bouillon, le riz en prend tout l’arôme. On peut même en utiliser pour cuire des pâtes. Par contre si tu veux faire un bol de soupe, genre ramen, pho (cuisine asiatique), alors il vaut mieux cuire les pâtes à part sinon ça rend le bouillon gélatineux.

Quand on fait un bouillon, on met de l’eau, des légumes, des aromates, etc. Pour avoir une qualité nutritionnelle intéressante, il faut le cuire et le laisser mijoter super longtemps. Un bouillon d’os de poule peut cuire jusque 24h, le bœuf on peut aller jusqu’à 48h de cuisson. Le poisson par contre c’est beaucoup moins, car sinon cela devient toxique, et les légumes c’est également plus court. Il faut savoir que tous les légumes qui ont cuit dans le bouillon n’ont plus aucune valeur nutritionnelle. Je déconseille même de les manger, surtout s’ils ont cuit avec des os de bœuf, car il y a une molécule que les légumes absorbent et qui n’est pas idéale. Le mieux est de rajouter après des légumes crus dans le bouillon.

S : J’imagine que tu as des retours d’expérience positifs de la part de tes clients au niveau de leur santé. Pourrais-tu en partager ?

A : Bien sûr. J’ai eu de belles expériences avec mes clients. Pour l’instant, j’ai énormément de femmes enceintes qui consomment du bouillon. Au début de leur grossesse, elles avaient beaucoup de nausées et c’est la seule chose qu’elles savaient assimiler et qui leur faisait du bien. Après l’accouchement, on a tout donné au bébé et donc cela fait un bien fou. Ça redonne de l’énergie. Je connais énormément de sages-femmes qui recommandent mon bouillon à leurs patientes.

De l’autre côté, j’ai beaucoup de demandes du côté des femmes ménopausées et puis des personnes plus âgées qui ne mâchent pas très bien et qui ont un système immunitaire affaibli. Le bouillon permet aux personnes âgées d’assimiler le minimum de nutriment dont ils ont besoin et cela remet toute la fonction digestive en place. Et donc au niveau psychologique, cela aide également, car il y a un avant et un après-bouillon.

Enfin, j’ai aussi une communauté liée à la perte de poids ou maintien du poids. Quand on veut perdre du poids et qu’on mange moins, le bouillon vient directement reminéraliser et régulariser aussi cette envie de sucre.

J’ai également beaucoup de personnes en chimiothérapie. Lors de leur traitement, ils sont tellement malades que c’est la seule chose qui passe et qui leur fait du bien. Je suis ravie de pouvoir les aider dans ces épreuves difficiles.

S : Quand on fait son bouillon soi-même, il y a donc des étapes à respecter pour qu’il soit qualitatif. Peux-tu nous en dire plus sur ces étapes ?

A : C’est très avantageux de faire son bouillon soi-même, car c’est un élément hyper économique et circulaire. On peut même faire du bouillon avec des épluchures de légumes (s’ils sont bio). Pour avoir un maximum de nutriments, il faut aller chercher des os de qualité, ce qui n’est pas toujours évident quand on est un particulier. Ce que je conseille alors c’est soit prendre une poule entière (où on récupère la viande pour faire une salade, etc.), soit d’acheter un poulet rôti et d’en récupérer la carcasse. Dans ce 2e cas, la carcasse a déjà cuit, mais ce n’est pas mal non plus. Et si on a besoin de faire un bouillon de poule et qu’on va dans une grande surface, alors on peut prendre des ailes de poulet.

Il faut mettre les carcasses dans de l’eau froide, couvrir complètement d’eau et faire mijoter à feux doux. Une fois que de la mousse apparaît en surface, on peut diminuer la température. Dans l’eau froide, vous pouvez mettre tout ce que vous avez sous la main (poireau, carotte, céleri, etc.) et puis ajouter l’assaisonnement (laurier, clou de girofle, curcuma, sel, poivre, etc.). On met aussi directement un peu d’acide, pour cela je conseille le vinaigre de cidre de pomme. On laisse ensuite mijoter 6-8 heures si possible. Si c’est 3 heures, c’est déjà bien, mais plus ça mijote, plus on aura de nutriments et donc quand le bouillon refroidira, on aura beaucoup de gélatine.

Une fois que c’est cuit, il faut tout filtrer dans une passoire chinoise et récupérer ce qui a été filtré. Le gras est un gros plus dans le bouillon d’un point de vue gustatif et pour la santé. Donc je trouve cela intéressant de le garder. Mais vous pouvez aussi l’enlever si vous préférez. Le tout est de savoir si on est capable de digérer du gras ou pas. Le gras permet aussi de ne pas avoir faim.

S : Il se conserve comment et combien de temps ce bouillon fait maison ?

A : Une fois qu’il est chaud et qu’il a été filtré, je vous conseille de prendre des bocaux en verres bien scellés. Vous mettez votre bouillon dedans, qui doit être chaud à minimum 85°C, vous fermez le bocal en verre et vous le retournez. Cela va permettre une stérilisation naturelle à chaud, car il y aura un vide d’air. Ensuite vous faites refroidir dans les 2 heures. Dans ce cas-là, pour pouvez garder le bouillon plus d’une semaine au frigo. Par contre, une fois ouvert, il faut le boire dans les 3 jours. Il faut évidemment aussi faire preuve de bon sens : s’il sent mauvais, c’est qu’il a tourné.

Si vous faites des grandes quantités, vous pouvez congeler une partie sans problème et en petites portions, c’est l’idéal, car c’est beaucoup plus pratique. Vous pouvez alors le conserver 6 mois, même plus.

Retrouvez toutes les infos sur les bouillons d’Antoinette et passez commande sur son site.

Merci à Antoinette pour ses précieux conseils !

Idée de recette:

Bouillon récup de poulet infusé aux épices par Mon Bouillon

Ingrédients : 

Pour l'infusion du bouillon de poulet :
1 KgAilerons de poulet (ou 8 ailes de poulet environ) ou carcasse de poulet
3LEau
Pour la garniture aromatique du bouillon :
1Poireau
2Carottes
2Oignons
1Branche de céleri
6Gousses d'ail
10 clVinaigre de cidre de pomme
Pour l'infusion du bouillon de poulet :
QuelquesClous de girofle
QuelquesGrains de poivre noir
QuelquesGraines de coriandre
2Feuilles de laurier
Un peuCurcuma en poudre

Préparation :

  1. Laver les légumes. Tailler le poireau, les carottes, le céleri en branche
  2. Éplucher et tailler l'oignon en deux
  3. Dans une grande casserole, disposez la carcasse /  ailes de poulet avec de l'eau froide et le cidre.
  4. Faire porter à ébullition à feu vif pendant au moins 40 minutes.
  5. Écumer si nécessaire.
  6. Ajouter la garniture aromatique et les épices pour infusion.
  7. Baisser le feu et laisser cuire à petit frémissements pendant au moins 3h si possible et plus (jusqu'à 24h).
  8. Lorsque le bouillon est prêt, passeZ-le dans une passoire fine (chinois ou étamine).
  9. Mettre le bouillon filtré chaud dans les bocaux en verre et retourner les bocaux pour faire un vide d'air. Cette technique permet de mieux le conserver.
  10. À conserver au frais pendant 7 jours et jusqu'à 3 jours après ouverture.